2020 l’année des changements pour la formation professionnelle et les demandeurs d’emploi

Dans le monde du travail, des changements importants sont en cours et à prévoir pour cette année 2020.

De nombreux chantiers concernant l’emploi ont été amorcés et parmi ceux qui impactent le plus directement la population active ou en recherche d’emploi, il y a  la mise en œuvre de la réforme de la formation professionnelle et la réforme de l’indemnisation pôle emploi.

Sur le marché de l’emploi, le dynamisme de la demande crée des opportunités pour les personnes en recherche active, pour les entreprises ceci continue de rendre difficiles les recrutements.

Il est donc nécessaire de se tenir informé des nouvelles tendances afin d’optimiser sa recherche d’emploi mais aussi afin de recruter plus efficacement. Les mouvements du côté des salariés et des entreprises s’annoncent prometteurs.

Le digital prend une place de plus en plus importante avec la mise en œuvre des demandes de CPF en ligne, des réponses à annonces et des candidatures quasiment exclusivement faites en ligne et par conséquence la nécessité pour les entreprises de mettre en place un SIRH ou une bonne gestion des candidatures arrivées via le web.

La réforme de la formation professionnelle

Le monde de la formation subit des changements à chaque réforme.

2019 annonçait surtout une période de transition avec des changements importants dont on commence à voir la mise en place.

Pour les individus, l’objectif principal de la réforme est de rendre la formation plus facilement accessible à chacun. Ce n’est donc plus l’entreprise qui prend en charge la demande de CPF mais le salarié devient autonome et peut faire ses demandes via l’application https://www.moncompteformation.gouv.fr

Grâce aux développements technologiques, chaque employé est libre de suivre l’évolution de ses droits et de rechercher des formations via l’application en ligne spécialement dédiée. Un conseil en évolution professionnelle est également mis à sa disposition sur l’ensemble des départements, permettant de jauger les compétences de chacun et de faciliter les formations les plus adéquates.

Les heures acquises dans le passé (DIF/CPF) sont transformées en valeur monétaire. C’est donc d’un budget dont dispose chaque personne et non plus un nombre d’heures dépendant de l’organisme financeur de l’entreprise (OPCO).

Les droits sont maintenant ouverts aux salariés mais aussi aux professions libérales, aux indépendants, aux conjoints collaborateurs et aux demandeurs d’emploi.

Grâce à la loi liberté de choisir son avenir professionnel de 2018, la prise en charge de la formation via le CPF pour les porteurs de projets est un atout majeur. Ainsi une personne qui souhaite créer un projet professionnel peut voir un accompagnement pris en charge par le CPF. On peut, par exemple, se faire accompagner pour la rédaction de son business plan ou son étude de marché. Parmi les thèmes qui sont aussi pris en charge par le CPF il y a le permis de conduire, ou d’un bilan de compétences.

Idéal lorsque l’on souhaite ajouter une corde à son arc.

Toutes ces dispositions sont bien évidemment gratuites pour le salarié.

L’apprentissage est aussi concerné. Le financement des contrats d’apprentissage est modifié, l’objectif du gouvernement est d’encourager la formation sur des nouveaux métiers en soulageant les charges sociales des entreprises.

Côté entreprise, une seule cotisation sera versée à l’URSSAF d’un montant de 1,23 % pour les entreprises de moins de 11 salariés et un taux de 1,68 % pour les sociétés de plus de 11 employés.

Le recrutement en alternance sera favorisé grâce à un plan de formation simplifié permettant une meilleure adaptabilité aux postes de travail.

De nouvelles possibilités de formation s’offrent aux salariés

Les plans de formation se déroulant jusque maintenant dans les entreprises disparaîtront au profit des plans de développement de compétences.

Sous l’impulsion de la loi de l’avenir professionnel, les compétences des salariés se doivent d’être beaucoup plus larges et beaucoup plus affûtées sur le marché du travail.

L’objectif c’est que chaque salarié puisse se fixer un objectif professionnel dans lequel il peut s’épanouir tout en développant ses compétences.

De nombreuses formations vont faire leur apparition en utilisant les nouvelles technologies numériques.

Les actions de formation via le e-learning seront disponibles tout comme l’accès à des conférences directement via l’application mobile du CPF.

Un catalogue de formation ainsi qu’un suivi régulier seront à disposition de l’employé.

Le financement de ces plans de développement signe définitivement la fin de la mutualisation, place à des plans inscrits dans un dispositif de solidarité où les entreprises devront mettre la main à la poche.

La réforme de pôle emploi

Le gouvernement s’est lancé dans une réforme profonde du pôle emploi.

50 % des chômeurs seront ainsi touchés par les nouvelles mesures mises en place.

La modification des conditions d’ouverture de droit ainsi que l’indemnisation devront impacter plus de 2 millions d’allocataires.

Les personnes ayant perdu leur emploi après le 1er novembre seront directement impactées par cette nouvelle réforme.

À compter du 1er avril 2020, un nouveau mode de calcul de l’allocation chômage entrera en jeu et concernera 850 000 personnes.

Se basant sur un salaire journalier, la nouvelle méthode de calcul ne se basera plus sur le nombre de jours travaillés mais sera égale au nombre de jours calendaires dès le premier jour d’emploi.

Les personnes travaillant de manière fractionnée en alternant inactivité, intérim et CDD bénéficieront d’une indemnisation plus longue mais d’une aide mensuelle plus faible.

En contrepartie de ces conditions d’admission plus restrictives l’État a investi massivement sur l’ouverture des formations au plus grand nombre et de qualifier un maximum de personnes en situation de chômage pour leur permettre d’accéder à des emplois qualifiés.

Le pôle emploi a en effet modifié ses conditions d’ouverture de droit et revu le calcul du salaire servant de base pour calculer le montant de l’allocation. Il faudra avoir travaillé au moins 6 mois sur 24 mois pour ouvrir des droits. Les démissionnaires pourront prétendre au chômage mais sous réserve d’avoir travaillé au moins 5 ans en continu avant la démission et d’avoir fait validé le projet par une commission.

Au 1er avril 2020, une nouvelle phase de la mise en place de la réforme aura lieu. Les allocataires ne pourront plus percevoir une indemnisation supérieure à leur salaire net.

Les salaires bruts de plus 4500 euros, subiront une dégressivité des indemnités de 30% au 7ème mois pour les personnes de moins de 57 ans.

Cette indemnisation réduite de 30 % aura un plancher brut journalier de 79,89 euros.

Les difficultés de recrutement : l’impact  attendu de la formation pour l’entreprise et les candidats

Elles représentent le frein principal à la croissance des TPE et des PME, une entreprise sur cinq déclare ne pas trouver le personnel adapté pour les différents postes à pourvoir.

L’impact pour les entreprises est donc direct, une baisse de productivité et une croissance ralentie à cause d’un recrutement qui n’est pas optimisé.

Pour les salariés le constat est le même, difficile de trouver une offre d’emploi par rapport à son niveau de compétence, le futur salarié aura donc tendance à se rabattre vers d’autres métiers qui ne correspondent finalement pas à son profil.

Pour à la fois satisfaire la recherche d’emploi des salariés tout en apportant une vraie plus-value aux entreprises qui recrutent, l’État s’est lancé dans un vaste financement de formation au cours de cette année 2020.

Au-delà des différents changements évoqués précédemment, la réforme veut avant tout pallier l’écart entre les demandes du monde professionnel et celui du marché du travail.

La réforme prend véritablement tout son sens quand on constate l’absence de candidats adaptés au cours d’une phase de recrutement.

N’importe quel salarié peut bénéficier de ces différentes formations et de son accompagnement professionnel, c’est l’avantage majeur de cette réforme couplé à son immense diversité.

Former le candidat à de futurs entretiens, l’orienter dans une thématique correspondant finalement à ces différentes affinités professionnelles, lui redonner confiance et croire en ses capacités, voilà tout l’enjeu des formations mises à disposition.

C’est un véritable laboratoire d’observation qui se donne pour mission d’assurer la transition entre la recherche d’emploi, sa formation professionnelle et son retour sur le marché du travail.

Les entreprises n’en seront que valorisées grâce à des emplois qui trouveront un écho favorable sur le personnel qualifié.

Ce vaste chantier ne se limite pas à l’année 2020, de nombreux autres changements vont avoir lieu au cours de l’année prochaine en passant par la certification des organismes de formation et l’entrée en jeu de l’URSSAF assurant la collecte des cotisations auprès des entreprises françaises.

Ces réformes apporteront elles des solutions rapides aux difficultés de recrutement ?

Rien n’est moins sur. En effet, les difficultés de recrutement sont aussi liées aux aspirations profondes des jeunes mais aussi des moins jeunes : avoir un emploi qui ait un sens, avoir plus de flexibilité, avoir des horaires moins contraignants, pouvoir évoluer, changer de fonction voire envisager un changement radical de carrière.

Les  changements profonds de l’approche du travail notamment des générations X, Y ou Z ont des  impacts certains sur la gestion des entreprises.

Toutes ces envies et ces changements entrainent un turnover important. Les entreprises doivent s’adapter. Parmi les actions qu’elles peuvent mettre en place, il y a tout d’abord la mise en place de coaching ou de mentoring qui permet une meilleure intégration. Elles peuvent aussi mettre en place des parcours internes permettant la mobilité, ou s’assurer que les salariés sont à l’aise dans leur poste. La qualité du management est tout aussi importante. C’est une raison majeure pour que les salariés quittent leur poste.  Revoir les contenus de postes est aussi une piste à explorer.

Les compétences attendues et exprimées par les entreprises sont souvent assez (trop) précises, ceci rend le recrutement difficile. Certaines connaissances peuvent s’acquérir, il peut être intéressant de mettre en place des actions de formation préalables au recrutement pour valider la capacité d’apprentissage du candidat.

L’écart entre les attentes des salariés et les offres peut se combler via une meilleure communication de l’entreprise (attention aux commentaires négatifs lors d’une mauvaise expérience de recrutement), une bonne présentation des attentes, de l’environnement professionnel et de ses atouts. Penser aussi à envoyer des réponses aux candidats.

En tant que candidat, pour optimiser sa candidature il est important de bien faire valoir ses compétences dans un vocabulaire adapté à l’entreprise et de penser que les termes clés sont très importants à mettre en valeur pour se distinguer. Les recruteurs cherchant sur Linkedin par exemple vont chercher les candidats à travers des mots clés.

Mieux savoir l’environnement dans lequel on est le plus à l’aise permet aussi un meilleur épanouissement professionnel.

Formation, projets professionnels, outils digitaux pour avoir accès à plus d’offres ou de candidats, sont autant de challenges pour 2020.

En savoir plus sur l'auteur de l'article


Carine Curtet
Conseil RH • Conseil en recrutement • Coaching Emploi / Carrière • Outplacement

Diplômée du MBA de Mc Gill University au Canada, j’accompagne des entreprises dans le domaine des Ressources Humaines depuis plus de 20 ans. Coach pour votre vie professionnelle ou coach pour votre vie personnelle, je vous aide à trouver les solutions qui vous conviennent.

© Pistache Conseil 2019 – Made with by iPaoo